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Fred BELTRAN, aka LORD FESTER
Un festival qui traite de bande dessinée et de musique, forcément ça me parle, je cautionne. C'est Frank Margerin qui m'a invité à le rejoindre sur scène pour l'accompagner pendant qu'il dessinait. On se connaît depuis 20 ans, c'est un type super, je ne pouvais pas refuser.
Je ne pouvais pas me produire avec le contrebassiste et le batteur du Combo, alors j'ai décidé de le faire en one man band, à l'arrache. Avec le recul je ne vois bien sûr que les défauts, mais c'était rigolo.
Le côté un peu frustrant, c'est que je n'ai pas pu voir les dessins puisque je jouais en même temps. Je n'ai vu que celui qu'il m'a donné à la fin du set, ma caricature, qui sera dès demain encadrée sur un de mes murs (rires).
Margerin parle de ma jeunesse, les années 60 et 70. Moi, avec ma musique, je parle des années 30 et 40, ce qui s'est fait juste avant le rock'n'roll, et qui a contribué à le faire naître. Quelque part c'est dans la continuité. Et comme je joue aussi dans les Washington Dead Cats, on l'on fait plutôt dans le punkabilly, on traite de la suite de tout ça. Ce qui ne m'empêche pas d'écouter Mozart, Brassens ou Ferré. Je ne suis bloqué sur rien en particulier.
Dans ce que je fais sur scène, je recherche quelque chose des années TSF, qui n'a pas du tout été exploité en France, à l'inverse de l'Angleterre, de l'Allemagne, ou, évidemment, des États-Unis.
C'est la même chose en dessin. J'essaie de chercher dans le passé ce qui peut m'aider à dessiner aujourd'hui.
Je me considère évidemment autant dessinateur que musicien, je ne veux pas choisir entre les deux. Si je n'étais que musicien il me manquerait un truc. Si je n'étais que dessinateur je serais mort. La musique fait que je suis vivant, mais il est probable qu'on ne se souviendra que du dessinateur (rires).
Olivier PORTNOI, chanteur-guitariste de DEAD POP CLUB
Ce mélange bande dessinée et musique je trouve ça hyper cool. En tant que groupe indépendant on a toujours fait appel à des dessinateurs pour nos disques, affiches, flyers, t-shirts.
Je trouve qu'il y a une certaine similarité entre punk-rock et BD, même si je pense qu'ils en bavent plus que nous. Ça doit être long pour trouver le déclic et atteindre un certain niveau de reconnaissance.
J'ai toujours été fan de BD. Comme tout le monde j'ai grandi avec Astérix, les Schtroumpfs, les trucs les plus accessibles pour un môme. Ado, je lisais Fluide Glacial, surtout pour Edika et les nichons de ses personnages féminins (rires). Moebius ou Beltran aussi. Et dans le même temps je me suis passionné pour les comics, à commencer par Spiderman, avant de découvrir Frank Miller, Mike Mignola, Garth Ennis, tout la culture américaine, les trucs assez violents.
Je regrette de moins lire de BD aujourd'hui. Question de temps, de budget, de place.
A l'époque où je bossais pour le magazine Rage (Olivier a aussi été le rédacteur en chef du défunt magazine Punk Rawk, NDR) j'avais fait pas mal d'interviews de dessinateurs, Jeff Smith, Frank Miller, Vuillemin, Margerin, Bilal. Ca me changeait de la musique, et en même temps j'étais très impressionné, c'était cool.
En fait, le truc marrant, c'est que, avant de faire de la musique, je voulais faire de la BD. Au lycée je faisais un fanzine qui s'appelait Mad Duck, mais c'était vraiment pourri, et je n'étais pas le seul à le penser (rires). J'en ai vite déduit qu'il valait mieux que je fasse de la musique, donc j'ai lâché les crayons pour la guitare.
Pour le concert de ce soir, on s'est dit que ce serait bien de marquer le coup, c'est pour ça qu'on a demandé à Mickson, qui est un pote de longue date, de venir faire un truc sur scène avec nous, pour changer un peu du cadre de nos concerts habituels. Ce sera une première aussi pour lui, son dépucelage scénique en quelque sorte (rires).
JULIEN/CDM
C'est rare un truc où on te propose de te produire sur les deux médias. Même si ce n'est pas évident pour moi de passer de l'un à l'autre sans transition.La grande différence entre le dessin et la musique, c'est que le dessin c'est un truc d'autiste, tu bosses en solitaire, et tu ne vois le résultat de tes efforts que des mois plus tard, à la parution de ton album. La musique a un côté plus immédiat, et le fait de jouer en groupe permet de sortir de ce cadre trop personnel. La musique c'est comme une mesure d'hygiène mentale pour moi (rires).
Le dessin m'est venu en premier tout simplement parce que c'est la forme d'art qui arrive en premier chez les mômes. C'est Picasso qui disait que, quand il peignait, il se revoyait gamin en train de dessiner. C'est après que tu perds la spontanéité, quand tu reçois les avis des autres sur ce que tu fais et que tu commences à te poser des questions. C'est à ce moment-là que beaucoup arrêtent de dessiner.
La musique est venue plus tard, en traînant avec des copains qui avaient décidé de monter un groupe. J'ai pris la basse parce qu'il ne restait que ça, et que ça semblait plus facile que le reste (rires). Puis les groupes se sont succédés tout au long de l'adolescence, reprises, métal, etc... avant de revenir à un truc plus rock'n'roll. Beef Paradise existe depuis 2007-2008. On a un album dans la boîte. Je viens de finir la pochette, il devrait donc sortir à l'automne.
« The Zumbies » est une BD très rock'n'roll, série B, épouvante, sci-fi. C'est de loin le truc le plus compliqué que j'ai fait jusqu'à présent, mais c'est l'éclate absolue. Lindingre, le scénariste, est lui aussi musicien, donc on s'est parfaitement retrouvés dans cette histoire. L'idée vient de moi, je voulais un projet « Romero meets Ramones », et Lindingre a fait vivre tout ça. C'est évidemment bourré de références liées à la naissance du rock'n'roll, jusque dans l'intégrisme antimusical des religieux qui poursuivent les Zumbies de leur haine tout au long de l'album. C'est de l'anticléricalisme revendiqué, et là encore une référence à cette « moral majority » américain qui a combattu le rock'n'roll dès sa naissance.
Avec Lindingre on s'apprête à sortir un nouvel album, chez Glénat, « Business is business », qui traitera de politique. Et puis on bosse également sur une suite à « The Zumbies ».
Le dessin c'est évidemment ce qui me fait vivre, mais en même temps je ne pourrais plus me passer de musique. Beef Paradise doit être au moins mon dixième groupe, mais je le sens bien celui-là (rires).
Propos recueillis par Lionel Dekanel










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